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L'occupation humaine du Ledenez

L’occupation humaine sur le Lédénez a commencé à l’époque Néolithique, il y a de cela 4 500 ans. Mais c’est seulement à la fin du XVIIIème siècle que sont arrivés les premiers goémoniers.

L'activité goémonière du Ledenez

L’activité goémonière s’est ensuite fortement développée sur le Lédénez. En effet, la proximité directe des vastes champs de laminaires et la concurrence de plus en plus rude sur les côtes poussaient alors ces «paysans de la mer », péjorativement appelés « pigouilles », du nom de la perche qu’ils utilisaient, à venir sur les îlots. Ils y développaient et transformaient temporairement (de mars à septembre) leur récolte en soude. Cette pratique connue son apogée dans les années 1920 où l’on comptait 130 bateaux et 280 goémoniers sur Molène (Arzel P., 1987).

La récolte du Goémon

Dans un souci de rentabilité maximale, toutes les surfaces libres, des prairies aux rochers, étaient destinées à cette pratique. L’herbe et les formations végétales, constamment recouvertes par les algues, étaient systématiquement brûlées et détruites. De ce fait, une pelouse très rase voir un sol nu dominaient, rendant alors le paysage assez monotone et laissant peu de pâture aux chevaux de trait. 

Jusqu’en 1950, la navigation se faisait à la voile, réservant son lot de dangers. Le prélèvement des algues s’exerçait quant à lui à la main avec des outils comme la « guillotine » permettant de couper leur base, ou encore le « scoubidou à main » qui les arracher. Puis, un cheval assurait le transport du goémon vers le centre de l’îlot afin de les faire sécher.


La vie goémonière sur le Ledenez

Cette activité a donc marqué et transformé le paysage du Lédénez. A cela s’est ajouté le va-et-vient des goémoniers creusant de nombreux sentiers, dont certains sont encore aujourd’hui utilisés par les promeneurs. A cette époque, le loc’h, qui était ouvert à la mer, servait occasionnellement d’aire de carénage et d’abri pour les petites embarcations. Les habitations étaient initialement très rudimentaires, composées de cabanes réparées à chaque saisons, ou de petites maisons en pierre dont la toiture était une coque de bateau retournée. Comme le témoigne le livre de Pierre Arzel, les conditions de vie et de travail étaient alors extrêmement difficiles. En 1949, afin d’« humaniser » le métier, le Comité Local des Pêches du Nord Finistère ordonna la construction de plusieurs maisons en béton armé. Le confort s’améliora alors peu à peu jusqu’en 1970, date à laquelle furent construites les premières baraques en bois, éclairées et chauffées.

La modernisation

En parallèle, les conditions de travail se sont modernisées. En effet dans les années 1950, le Comité Local des Pêches a investi dans la motorisation des bateaux qui sont devenus de plus en plus puissants et fiables. De plus, à partir des années 1970, les tracteurs ont définitivement remplacé les chevaux. On peut également noter la construction des deux cales. La première, située à l’Est du Lédénez Vraz. Elle fut achevée en 1973. Et l’année d’après, une deuxième fut construite au Sud-Ouest. Enfin, l’invention en 1967 du scoubidou hydraulique par Yves Colin, goémonier à Porspoder, avec la contribution de Pierre Arzel, mettra fin aux migrations saisonnières des goémoniers sur le Lédénez. 

La fin de l’activité sur les Ledenez

Désormais, les navires goémoniers basés sur Plouguerneau et sur l’Aber-Ildut font l’aller-retour quotidiennement vers l’archipel pour leur récolte (Arzel P.,1987). Effectivement cette activité a aujourd’hui quasiment disparu : un seul goémonier pratique encore la récolte et le séchage sur les Lédénez, dorénavant devenus un lieu de promenade et de détente pour les Molénais et les touristes. L’abandon de la récolte du goémon a modifié l’aspect du Lédénez. Les dynamiques naturelles ayant repris leurs droits, l’embroussaillement ferme peu à peu le paysage. La moitié Nord devient en effet de plus en plus envahie par des massifs impénétrables (ronciers principalement).

Le Bâti sur le Ledenez

Les constructions humaines encore visibles sur le Lédénez de Molène sont héritées de l’ère des goémoniers. Les constructions, bâties par les goémoniers eux-mêmes, étaient en pierre. Aujourd’hui, il reste quelques traces de ces habitations, sous forme de ruines que la végétation recolonise peu à peu. On évoque la présence de trente-sixhabitations durant cette période. 

1ère époque: début XXe siecle

La première époque s’étend sur la première moitié du XXème siècle. Les constructions bâties par les goémoniers eux-mêmes étaient en pierre. Aujourd’hui, il ne reste que quelques traces de ces habitations, sous forme de ruines que la végétation recolonise peu à peu. Elles se situent toutes sur le Lédénez Vraz, au niveau du loc’h. Quatre d’entre elles sont quasiment adossées aux maisons les plus récentes et deux autres sont au Sud-Ouest du loc’h. On évoque la présence de trente-six habitations durant cette période.

2ème époque: L’après guerre

La deuxième période commence juste après la fin de la seconde Guerre Mondiale avec la construction des deux maisons en béton armé. C’est à cette même époque que fut réalisé l’impluvium, derrière une de ces maisons. Durant cette période, deux baraques américaines en bois ont été récupérées après la reconstruction de la ville de Brest au lendemain de la seconde Guerre Mondiale et installées juste à l’Est du loc’h, afin de densifier le nombre d’habitations.

3ème époque: Des années 70 à nos jours

La dernière époque correspond aux années 1970-80. Au court de cette période, trois habitations en bois et un hangar ont été construits, au Nord du loc’h, par le Parc Naturel Régional d’Armorique (PNRA) selon les plans de Hervé Le Bot dans le but d’offrir un hébergement plus confortable aux goémoniers. Ce sont ces 2 refuges qui ont été réhabilité et reconstruit à l’identique.

Des deux cales construites à cette même période, une est très dégradée, tandis que l’autre est encore utilisable.

Patrimoine bâti

En plus de ces bâtiments, il existe tout un petit patrimoine bâti…

les fours à goémon

En effet, des fours à goémon sont également présents, mais plus difficiles à percevoir sous les herbes hautes, du fait de leur abandon. Enfin, des murets sont présents sur le Lédénez Vihan uniquement. Ces derniers servaient pour le pâturage. Bien qu’encore observables aujourd’hui, ils sont rares et en ruine. Il serait certainement possible de retrouver d’autres traces de ces murets et de ces fours sous les herbes hautes des deux Lédénez

 Il serait certainement possible de retrouver d’autres traces de ces murets et de ces fours sous les herbes hautes des deux Lédénez.